J'ai recu le mail ci-dessous de Cédric qui bosse dans une agence de pub à Bordeaux. Pour une fois qu'un "collegue" a une demarche constructive et ouverte entre-agences, je m'empresse de lui donner un coup de main. Cédric me/nous pose la question suivante :
Je souhaiterais en effet savoir si il est possible de faire des vidéos à destination du web pour le secteur des vins et spiritueux ? (Peut-on montrer le produit ; doit-on impérativement indiquer « l’abus d’alcool… » Même si on ne montre pas le produit ; jusque dans quel mesure…etc.).
Bonjour Patrick,
J’espère tout d’abord que vous allez bien…Je vous rappel simplement, pour me re-situer, que nous nous « connaissons » par l’intermédiaire de Viaduc, que je suis un lecteur assidût de votre blog et que je travaille dans une agence de pub à Bordeaux.
Je viens vers vous car j’ai des questions très précises concernant le marketing viral :
Je souhaiterais en effet savoir si il est possible de faire des vidéos à destination du web pour le secteur des vins et spiritueux ? (Peut-on montrer le produit ; doit-on impérativement indiquer « l’abus d’alcool… » Même si on ne montre pas le produit ; jusque dans quel mesure…etc.).
Vous devez vous dire : « Pour une agence de pub à Bordeaux, ça la fout mal !!! »
Effectivement, ce n’est pas faut ! Mais nous ne sommes pas encore des tops sur le marketing viral ; et suis donc à l’écoute de vos conseils ou d’une autre personne qui pourra me donner quelques infos…
Merci d’avance,
Bonne soirée
Cédric Marche
www.bulko.net
De: Patrick Amiel
Envoyé par: gmail.com
| De: Cedric |
Merci d’avance,
Cédric



La loi Evin et ses modifications s'appiquent à toute diffusion publicitaire. La difficulté d'une campagne virale est que la totalité des destinataires réels ne peut être identifiée. Donc si vous respectez les obligations de mentions légales et les contraintes thématiques, si votre viral touche un mineur, quid ? Pas facile. Je suis tombée sur une bien jolie url, m'est avis que des gens bien mieux avisés que moi s'y expriment : http://www.legalbiznext.com/cgi-bin/news/viewnews.cgi?category=all&id=1138810650
Rédigé par : flo | 17/02/2006 à 18h25
En écrivant ce Post, j'étais persuadé qu'une certaine "flo" allait nous apporter un bon bout de réponse ;-) Merci
Rédigé par : PatAmiel | 17/02/2006 à 18h29
You're welcome Patrick ;)
En fait je crains de n'avoir apporté que des questions supplémentaires, bien embarrassantes... Des produits sensibles / réglementés peuvent-ils faire l'objet d'une strat virale ? Y a-t-il un recoin du droit spécifique à la com internet concernant ces produits (limitations ou ouvertures ?)? De plus : il faut tenir compte du ressenti et des réactions possibles des consommateurs et des associations opposées à l'usage ou à la communication sur ces produits. Elles peuvent engendrer un buzz négatif. C'est délicat là aussi. Malheureusement j'ai peu d'expérience sur le sujet vin... "d'instinct", j'aurais imaginé de créer un événement gastronomique, à partir duquel faire relayer des thématiques "autorisées" et perçues comme positives. Mais ne pas se fier à l'imagination de quelqu'un qui ne connaît pas le brief ! Et en l'occurrence réserver une part du budget à la consultation juridique.
Bonne pige : le savourclub et sa eletter ; j'ai remarqué que le site reste dans une pure problématique de commerce / VAD.
Je ne connais pas de cabinet spécialisé dans le conseil com/juridique. Mais en interrogeant l'AACC ? Une CCI ? La FEVAD ? En cliquant un max dans le journal du net ?
Rédigé par : flo | 17/02/2006 à 20h35
Salut Cédric !
Plutôt rigolo de te retrouver là !
Tu sais que je n'ai rien d'un juriste. Mais mon expérience du marketing relationnel à Bordeaux m'amène à penser que ta campagne de marketing viral devra bien entendu respecter à la lettre la loi Evin. A partir de là, la transmission du message par effet de viralité devrait rester légal. Après tout quand tu adresses un mailing "vin" à un client majeur, rien ne te garantit que ce mailing ne va pas atterir entre les mains de son fils de 8 ans. S'il s'agit d'un mini film, Il te faudra sans doute ajouter un écran préliminaire au visionnage pour forcer l'internaute à déclarer qu'il est majeur. Et j'ajouterais par précaution un avertissement à l'internaute pour qu'il ne me transmette que des e-mails de personnes majeures. Mais ce n'est que mon avis spontané et il sera prudent de toute façon avant de te lancer dans cette aventure de consulter un juriste spécialisé.
Et si t'as besoin d'un autre tuyau, n'hésite pas à appeler à l'agence.
Et oui cher Patrick, on peut être concurrents dans une même ville et se donner des coups de main quand même... enfin ça n'engage que moi.
Tchao
Rédigé par : Arnaud Hacquin (DDH One) | 18/02/2006 à 22h05
La loi Evin est un véritable obstacle à toute stratégie virale pour plusieurs raisons :
- le contenu de la loi en elle-même qui interdit formellement de communiquer auprès des mineurs, en "push" ;
- la résultante concernant une stratégie virale qui par nature s'appuie sur une communication one to one, qui peut s'apparenter à du "push" (je te passe le message);
- les exemples précis propres au web (à ce jour indisponibles en france), qui auraient pu influencer la jursiprudence.
Quelques précautions à prendre en amont :
- consulter un juriste spécialisé sur le sujet ;
- ne pas oublier que même si vous utilisez un site alibi, où la marque n'est pas directement citée, il y a de fortes chances que l'on vous reproche quand même de faire la pub de la marque et donc vous retombez sous le coup de la loi Evin ;
- si vous êtes retenu, faire valider par le client et par courrier écrit votre stratégie afin d'éviter au maximum des retombées sur votre agence ;
- techniquement : ne pas proposer de films, sons ou autres qui puissent être téléchargés (streaming obligatoire) de manière à obliger le passage par un écran d'avertissement aux moins de 18 ans.
Enfin comme le souligne Flo (merci pour le lien) le principe du viral étant par définition de "perdre le contrôle" de la diffusion du message, il semble illusoire de penser connaitre totalement l'âge des internautes ayant consulté un site dédié par ex. En conclusion ce sera bien à votre client de décider de prendre ou non le risque d'utiliser le levier viral pour promouvoir ses spiritueux.
Rédigé par : S.decampou | 20/02/2006 à 16h48
wala. je me disais bien que com écran + le viral... en revanche je n'avais pas assez songé que passer par une thématique déconnectée du produit (site alibi) ne déconnecte pas de la marque.
En revanche en restant sur le registre du commerce/VAD, il y a peut-être des moyens de booster. Ce qui passe peut-être par une strat de service et/ou de customer delight. Par le développement d'applis favorisant le clic et le "faire cliquer".
Rédigé par : flo | 21/02/2006 à 01h43
juste une intrusion pour savoir si cet ingénueux ced marche est bien originaire de castillones, si oui alors ca me dis un petit quelques chose, merci
Rédigé par : jdel | 03/03/2006 à 00h22